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Le logement adaptable

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Késako?

C’est un logement qui, par sa conception, pourra évoluer à peu de frais pour s’adapter aux besoins de ses occupants.  Ainsi, il pourra aussi bien accueillir un jeune ménage et leurs enfants, qu’être modifié  plus tard  pour faciliter la vie du couple devenu âgé.

Ce type de logement est possible, pour autant qu’il soit de plain-pied, ait une surface habitable de minimum 55m², et intègre certains critères dès sa conception.

Dix critères sont à prendre en compte  à l’intérieur,  dans les communs et les abords

Et cela en adoptant le point de vue d’une personne à la mobilité restreinte ou à la vue déficiente. Une évidence bonne à rappeler, tant il est  inhabituel pour un adulte en bonne santé de soupçonner  les difficultés créées par tel ou tel infime détail.

1. Un sol sans marche, ni ressaut.  Une évidence bien sûr, mais rarement rencontrée.  Des solutions techniques existent pour remplacer par  exemple le seuil de porte.

2. Un sol sans entrave, sans défaut majeur, non glissant, non meuble, dès les accès, dans les abords et les parties communes.  Ainsi, certains sols sont trop glissants pour y appuyer une béquille.

3. Un espace sans obstacle, tant en hauteur pour un passage libre qu’en saillie des murs (indétectable pour les malvoyants, ou pénalisant en chaise roulante).

4. Prévoir un espace suffisant pour y manœuvrer en chaise roulante. Par exemple, un mètre cinquante est nécessaire pour la rotation d’un fauteuil roulant.  C’est donc la largeur à prévoir pour le vestibule d’entrée, soit plus que d’habitude.  Mais l’excédent pourra être occupé par des rangements facilement amovibles, si la porte d’entrée est alignée sur un des murs (et non pas centrée) sur lequel seront placés prises et interrupteurs. 

5. Une largeur de passage suffisante,  d’au moins 85 cm (mais un mètre est mieux).   Un exemple de  « détail qui tue » ?   Il  manque aux portes standard deux malheureux centimètres pour le passage d’un fauteuil roulant.  De quoi ruiner une conception…

6. Un accès aisé aux commandes  et équipements : à hauteur accessible, d’une manipulation aisée, … que ce soit une prise, une clenche, un robinet, une vanne, le tableau électrique…

7. La prévention des dangers : garde corps, éclairage suffisant, repères visuels ET tactiles.

8. Une signalétique adaptée, aux pictogrammes de grande taille bien lisibles, et simples…

9. Prendre en compte le confort quotidien dans les aménagements. Par exemple, des fenêtres abaissées et un garde-corps de terrasse ajouré permettront une vue vers l’extérieur.

10. Des aménagements pensés pour être évolutifs. La solution technique passe par des parois légères, facilement démontables et judicieusement placées.  Elles ne contiendront évidemment ni tuyaux, ni câblage. Il est conseillé d’effectuer d’abord les finitions  avant de les installer, afin que leur démontage n’entraine pas une « rupture de style »  du  sol, murs et plafond. A ces conditions,  adapter le logement entrainera peu de frais.

Mais une autre évolution doit être prise en compte : le besoin d’ancrer des points d’appui  solides autour d’équipements tels le WC, la baignoire… Leur emplacement devra donc être judicieux, car ce n’est possible que dans des murs pleins.   

Pourquoi agir?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, un quart de la population aura plus de 65 ans, une personne sur seize dépassera 80 ans. Et même si on peut espérer rester plus longtemps en bonne santé à son domicile, des adaptations sont requises, et devraient se généraliser dans des délais somme toute fort courts. Le domicile de deux Belges sur trois est inadapté et ne pourra les voir vieillir…

Comment concevoir  un logement adaptable ? 

Le Guide d’aide à la conception d’un logement adaptable identifie les trois étapes essentielles pour la conception.  La règle est de partir de l’adapté vers l’adaptable.

1. D’abord, lister les équipements nécessaires.  Prenons le cas le plus complexe, celui  d’une salle de bain, où se trouvent A le WC, B le lavabo, C la baignoire, D la porte d’accès (de 85 cm au minimum !).  Pour chacun de ces équipements, une fiche dans le guide détaille les critères à respecter, dont les surfaces minimales pour s’en approcher et y accéder depuis un fauteuil.

Salle de bain adapté

2.  Ainsi, il est possible de concevoir une salle de bain adaptée à une personne en fauteuil roulant, en prenant en compte les surfaces nécessaires pour l’accès (a) et  aussi à la poignée de porte (c).  Celles-ci  peuvent se chevaucher si elles  laissent une aire de rotation  de 150 cm (b).  Cela permet de réduire la pièce, tout en offrant des rangements (d), et en assurant un ancrage dans les murs porteurs des barres d’appui  (e) pour le transfert depuis  la chaise vers le WC ou la baignoire.

3. En partant de l’espace et de l’agencement nécessaire à une salle de bain adaptée, il est facile d’en faire un local adaptable, par des modifications (réversibles) afin d’offrir plus de confort aux personnes valides.

Salle de bain adaptable

Dans ce cas, une cloison amovible isole WC et SDB.  Il a fallu prévoir une autre porte D’. Notez aussi le gain en hauteur du rangement à droite de l’entrée de la SDB.

Ce faisant, attention au respect des surfaces réservées à l’étape précédente.  Le guide  propose des «listes de contrôles » afin de vérifier la conception.

Ce qui est possible pour une salle de bain l’est pour l’ensemble du logement. Cela demande de la volonté au départ, un peu d’ingéniosité, un surcoût ou plutôt un investissement limité à quelques pourcents du prix total. Au final c’est une façon simple, peu couteuse à terme, d’anticiper le vieillissement de la population, ou de se doter d’un parc de logement « à géométrie variable » pour répondre à un maximum de besoins.

Et rendre de l’autonomie à la personne diminue le besoin de structures spécialisées. L’avantage est aussi social : permettre à des seniors ou des PMR de rester dans leur milieu de vie.

Enfin, la reconfiguration du logement n’entraine aucun déchet ou gravat : un plus pour l’environnement !

Couts et subventions

Le surcoût est estimé à 2 %.  Il reste à estimer l’économie réalisée dans une à deux décennies lorsqu’il faudra répondre au défi !

La Wallonie soutient depuis décembre 2017 l’action construire adaptable.  D’une part, elle apporte un soutien et des conseils techniques.  Trois niveaux de formations sont aussi organisés pour les professionnels, et ceux qui s’engagent dans l’action seront repris dans un annuaire de référence et pourront utiliser le logo « construire adaptable ».  D’autre part,  une attestation pourra être donné après vérification pour tout logement adaptable, dans le but de reconnaitre sa valeur ajoutée et de rassurer les acquéreurs suivants.

Exemples inspirants

Les communes peuvent également proposer une prime communale pour l’adaptation du logement, comme c’est le cas à Wavre :

Pour en savoir plus…

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